Visite d'atelier : Olivier Gallien


Olivier Gallien est un artiste et photographe français qui, à travers l'écriture, l'image et la musique révèle une sensibilité créative dont le sujet de prédilection est la féminité, dans sa globalité.
 

As-tu une routine créative ?

Pas réellement. Quand je me mets à travailler sur un projet, que ce soit de l’écriture ou de l’image, j’aime bien le faire à n’importe quelle heure et n’importe quel endroit. Je travaille beaucoup dans les bistrots, avec mon chien. J’ai un casque avec réducteur de bruit. Je le mets en route avec de la musique, à très faible niveau sonore. Généralement du Tiersen, du Chilly Gonzales avec ses « Solo Piano », du Satie… Ça m’aide a me concentrer.

 

 

Peux-tu nous décrire tes étapes de création si tu en as ?

Pour ce qui est de la photographie, les idées me viennent généralement du sujet. J’ai envie de figer un moment avec une personne qui m’intéresse, j’y réfléchis, je propose quelque chose et si le modèle est d’accord on se lance. Après, très souvent, je pars avec des idées bien précises et sur le moment je fais quelque chose de totalement différent. J’ai besoin de me surprendre un peu, sinon je m’ennuie. J’aime bien qu’on me propose des choses aussi, qu’il y ait un vrai échange au moment du shooting.

 

 

Travailles-tu sur plusieurs projets en même temps à des stades d’avancement différents ou es-tu plutôt focus sur un sujet à la fois ? 

Je lance beaucoup de choses et je vois après où ça me mène. Si un projet me tient encore à coeur au bout de quelques mois, qu’il m’excite toujours, c’est bon signe, c’est que je ne me suis pas trop mal écouté. Si ce n’est pas le cas, ce qui arrive souvent, c’est que j’ai fait fausse route et je laisse tomber ou je transforme ça en autre chose.

 

Sur quels supports préfères-tu imprimer?

J’aime bien les papiers épais, un peu mat. Avec de la matière. J’aime bien le format instantané aussi. Le polaroïd, les fuji ( surtout le format Wide ). Je suis assez désespéré par l’arrêt du format fp100c, comme beaucoup de monde. J’aime beaucoup les tirages de lecture aussi.

 

Quels sont les appareils photos avec lesquels tu aimes travailler (argentique/numérique, Mark 4 avec un 24-70mm…) ?

Là dessus, je suis un peu taré. J’ai toujours au moins une dizaine de boitiers chez moi et je les change régulièrement. J’ai mon petit atelier, et je bricole des appareils photos. Je les révise, les remets à neuf. Pour moi, pour les amis aussi. Du coup, je change tout le temps. Mais on va dire qu’en ce moment, j’utilise beaucoup le Mamyia 645 avec un 28 mm pour le moyen format. Et en 24x36, j’utilise beaucoup le canonet Ql17 et le pentax SV (j’aime bien le SV parce qu’il a une monture en M42, ce qui permet de trouver des tas d’objectifs pas cher et d’essayer de nouvelles choses ). Quand je fais du numérique ou de la vidéo, j’utilise le Canon eos R, il ne fait pas l’unanimité mais moi j’adore ce boitier. Après, pour ce qui est des pellicules, j’utilise beaucoup la porta 800 que je pousse à 1600 ou 3200.

 

As-tu une spécialité parmi ces domaines et outils artistiques ?

Ça dépend du projet, j’utilise ce qui me semble être le plus en adéquation avec le rendu que je cherche à avoir. Mais je photographie majoritairement en argentique et comme je retape beaucoup de boitiers, on va dire que les appareils argentiques, je comprends parfaitement leur fonctionnement, ça aide. Moins il y a d’électronique et plus je suis a l’aise avec un boitier. Après pour la vidéo, j’utilise du numérique mais j’aimerais bien me lancer dans le format film. Avec du 8, du 16 mm, peut-être du 35. Un de ces jours je me lancerai, si je trouve le bon projet.