Visite d'atelier : Marine pour Oak Gallery


Voir les œuvres de Marine — Oak Gallery

 

Marine Echavidre est une artiste-peintre française installée à Bordeaux depuis 6 ans. Elle lance Oak Gallery au même moment. Ses prints sont des collages numériques de différentes peintures, donnant vie à des formes abstraites, suggérant des émotions libres d’interprétation. Oak Gallery a créé Bliss en collaboration exclusive avec Pomelo, vendue uniquement sur pomeloparis.fr.

 

As-tu une routine créative ?

Vu que je ne sais jamais faire les mêmes choses deux fois, non.

Je suis plutôt dans l’expérimentation, ce qui parfois peut être perturbant car au lieu d’approfondir une technique par exemple je vais en tester plein d’autres à la fois, puis finir par tout mélanger.

Très souvent ce que j’avais en tête à l’origine et que j’ai amorcé en croquis n’est pas du tout ce qui ressort au final, mais je laisse cette dose de spontanéité et cette part d’inconscient faire son travail !

 

Peux-tu nous décrire tes étapes de création ?

Le processus n’est jamais figé mais je commence souvent par m’imprégner d’ambiances, j’ouvre des livres de peintures, de photographies de voyage, je replonge dans les miens. De fil en aiguilles, j’affine des envies, je découvre de nouveaux procédés, techniques etc... je griffonne des petites compositions, je définis une palette colorée, et je commence à travailler mes couleurs dans des pots à base d’encres, aquarelles, acryliques, pigments broyés etc. Je débute ensuite toute une série d’expérimentations d’aplats colorés, de formes, de textures tous azimuts que je dépose sur du papier avec des larges pinceaux, ou j’utilise la technique du monotype avec des plaques de verre. Je fais ensuite des collages en petits formats avec ces fragments peints qui seront des sortes d’études préparatoires. Pour les tirages en édition limitée, je vais numériser toutes ces expérimentations et me fabriquer une sorte de bibliothèque de matières. Ces images vont ensuite être la base de futurs collages numériques que je vais assembler, redécouper recomposer, jusqu’à trouver la bonne harmonie, les bonnes textures, la composition juste et ne plus pouvoir y toucher.

 

Travailles-tu sur plusieurs projets en même temps à des stades d’avancement différents ou es-tu plutôt focus sur 1 sujet à la fois ?

J’avance sur une seule chose à la fois mais j’ai des périodes de production. Je ne peux faire que ça pendant une semaine, et mettre tout de côté les trois prochaines, devant me consacrer à d’autres projets. Du coup cette temporalité étirée me permet de découper la phase de création en plusieurs étapes : L’étape plutôt foisonnante où je vais produire beaucoup en peu de temps, puis quelques jours ou semaines plus tard, une étape plus réfléchie où je vais reprendre tout ça à froid, trouver une ligne, refaire, défaire puis refaire encore et enfin sélectionner les collages que je veux sortir. Je ne suis pas quelqu’un qui arrive à faire tout de suite bien, dans l’instant. J’ai besoin de temps pour affiner, temporiser et choisir.

 

Sur quels supports préfères-tu travailler (papier Hahnemühle 320g...) ?

Le papier ! Et je suis plus à l’aise sur des papiers qui ont des textures fines et intéressantes. Pour mes expérimentations avec l’encre ou l’aquarelle, le choix du papier va être essentiel. Du coup je passe beaucoup de temps à tester différents papiers pour arriver à faire ressortir tel grain ou tel jeu de textures. J’aime beaucoup le rendu des encres sur le Rosapina de Fabriano (je l’utilise d’ailleurs aussi vierge dans rien que pour sa jolie couleur rosée).

Pour l’étape impression, le choix du papier est très important aussi. Je travaille uniquement avec un papier de la maison Fedrigoni qui possède un grain soyeux, ressemblant beaucoup aux papiers aquarelles.

 

Quels sont les outils (fusain, encre, acrylique…) avec lesquels tu travailles ?

J’utilise différents médiums mais ce sont principalement les encres aquarelles, l’acrylique pour les aplats et jeux de textures sur papier. J’utilise également depuis peu la technique du monotype (impression unique à l’aide d’une plaque de verre ou plexi et d’encres de linogravure ou de pigments) qui apporte vraiment un grain et des textures très intéressants proches de la gravure. J’aime beaucoup l’aspect artisanal du procédé, le fait de créer et d’imprimer manuellement à la fois.

 

As-tu une spécialité parmi ces domaines et outils artistiques ?

Peut-être mais je préfère penser qu’il y a une palette infinie des possibles, de techniques à explorer encore et encore. j’aime l’idée de pouvoir aller chercher quelque chose de différent à chaque nouveau temps de création. (aussi bien pour la partie technique qu’introspective).

C’est cette sorte de quête inépuisable que je trouve passionnante dans la pratique artistique.