Visite d'atelier : Caroline Skadhauge


 

Caroline Skadhauge est une artiste photographe de nationalité franco-danoise. Elle vit aujourd’hui à Paris. A travers les photographies argentiques présentées sur Pomelo, elle retranscrit des paysages et des natures mortes capturés lors d’un voyage en Norvège en 2015. Ses tirages ont été développés spécialement pour Pomelo et sont disponibles sur un papier d’art Hahnemühle.

 

As-tu une routine créative ?

J’ai une routine au quotidien pour me sentir bien et prendre soin de mon petit corps. Cela me permet d’être sensible à ce qui m’entoure et être inspirée par pleins de choses. J’ai aussi déménagé récemment, et me retrouver dans de nouveaux endroits est très inspirant je trouve. La découverte de choses nouvelles est très importante à mes yeux.

 

Peux-tu nous décrire tes étapes de création ?

Avant je travaillais beaucoup le numérique, le polaroid et les films. J’ai différents projets « ongoing » avec leur ligne différente, notamment une approche des moments du quotidien avec beaucoup d’intimité et de nostalgie. J’ai commencé ma série de portrait au 120mm il n’y a pas très longtemps. Et avec ce format 6:6 spécifique et une certaine pellicule, j’associe pour l’instant un seul projet. Si j’ai une commande créative, pour une marque par exemple, j’ai besoin tout d’abord de rencontrer la personne avec qui je suis en contact (qui est jusque là toujours la créatrice) et de comprendre son univers, son approche, sa démarche, sa manière de travailler. J’ai besoin de sentir une grande confiance et de la liberté. En amont de la prise de vue, je me laisse porter par mon quotidien et les nouvelles inspirations qui apparaissent autour de moi. Lorsque l’on se rapproche de la date de prise de vue, je commence à dessiner des croquis, noter ce que j’imagine de manière très précise. Même si l’on s’éloigne finalement de ce que j’avais pu préparer, cela représente un très bon point de départ.

 

Travailles-tu sur plusieurs projets en même temps à des stades d’avancement différents ou es-tu plutôt focus sur 1 sujet à la fois ? 

J’ai quelques projets en même temps, gardés ensemble dans un coin de ma tête et qui se développent chacun de leur côté.

 

Sur quels supports préfères-tu imprimer ?

J’ai un grand coup de coeur pour les papiers épais et granuleux. Je trouve que la partie du toucher pour les tirages a une grande importance. C’est une sensation indissociable qui accompagne le style de la photo. Un 350g est épais, brut, tout en ayant une touche poétique.

 

Quels sont les appareils photos avec lesquels tu aimes travailler ?

J’ai récemment revendu mes appareils photo numérique pour ne travailler qu’en argentique. Je travaille avec deux magnifiques appareils : un hasselblad 500C avec un 50mm f/2.8 et un Nikon FM accompagné d’un 50 f1.4 et depuis peu un 35mm f/2.8. J’utilise toujours les mêmes films : en 35mm c’est du Kodak Portra 400, en 120mm du Kodak Portra 400 pour la couleur et du Tmax 400 pour du Noir et Blanc. J’aime passer le moins de temps possible digitalement d’ailleurs, et j’adore ces vieux appareils pleins de charmes, qui fonctionnent mécaniquement. Des petites manivelles que l’on doit pousser ou faire tourner. On installe le film et l’on peut voir chaque prise de vue prendre sa place. La rareté des déclenchements et la magie dans l’excitation de découvrir le résultat final sont très attirantes. Au déclenchement d’une photo, je retrouve une sensation d’émerveillement et de soulagement en même temps. Du mystère bien sûr. Je me retrouve un peu dans un moment suspendu. J’adore ça.

 

As-tu une spécialité parmi ces domaines et outils artistiques ?

Ma spécialité serait dans le portrait. J’aime beaucoup préparer un set, imaginer la séance, où chaque détail va avoir une grande importance. Puis lorsque le modèle arrive, je vais découvrir finalement ce qui va se passer. C’est une conversation, un échange. La direction peut être très définie, comme elle peut être ouverte à de la liberté.