Portrait d'artiste : Joséphine Vallé Franceschi


Joséphine Vallé Franceschi est une artiste française qui retranscrit à l'argentique un univers poétique, coloré et intemporel. Joséphine maîtrise l'art des superpositions pour un dépaysement instantanée. 

Quel est ton parcours et comment es-tu devenue photographe ?

Après une classe préparatoire hypokhâgne/khâgne, je suis partie pour l’Italie où, pendant deux ans, j’ai participé à l’organisation des Rendez-vous cinéma Unifrance qui se tenaient au palais Farnèse et à la villa Médicis. Mes premières photographies ont reçu, en 2011, les premiers prix des concours L’Italie en un cliché et Les Echos organisés par Sciences Po. De retour à Paris, j’ai réalisé mon premier court-métrage, Amiante (2013). En 2015, j’ai assisté Elie Wajeman lors de la réalisation de son film Les Anarchistes. Après un passage chez France 2 cinéma, je suis devenue lectrice pour le Centre National de la cinématographie. Ma première exposition de photographies s’est tenue en 2016 dans la galerie parisienne de l’hôtel Jules & Jim. En 2018, j’ai participé, au Consulat, à l’exposition « Hybridations », puis à la galerie Bubenberg pour le group show « Morceaux Choisis ». La même année, avec ma sœur, l’illustratrice Alma Vallé, nous avons réalisé une série de diptyques photographies/dessins révélés au public lors de l’exposition « Et ta sœur ? ». En janvier 2019, à la galerie du Pop up du Label, j’ai présenté mes derniers clichés à l’exhibition « Monoï sur ta peau ».

Quel est ton premier souvenir artistique ?

L’exposition d’Arman à la Galerie nationale du jeu de paume à Paris en 1998.

Quels sont les univers qui t'inspirent aujourd’hui ? Et quels sont ceux qui ont fait partie de ton évolution en tant que photographe ?

Des photographes qui m’inspirent : Massimo Vitali, Claude Nori (notamment pour sa série Un été italien).

J’aime également suivre des jeunes artistes comme Thom Easton, Noé Baruchel Dominati, Bianca Lee Vasquez, Tanc…

Des peintres, des architectes, des cinéastes comme David Hockney, Luis Barragan, Jacques Demy, Bernardo Bertolucci, Wim Wenders, Michelangelo Antonioni m’ont donné un goût pour l’image, les couleurs, le graphisme et ont fait partie de mon évolution en tant qu’artiste.

Evidemment, j’en cite seulement quelques uns.

Peux-tu nous décrire l’univers dans lequel s’inscrit ta démarche artistique ? 

Les effets de transparence, les variations de luminosité et le jeu des couleurs sont naturels. Je ne retouche rien, les images apparaissent telles qu’elles ont été prises, sans travail de post production ou de retouche. Je ne recherche pas la perfection, mais l’harmonie. Où est l’artifice, la poésie n’est pas, c’est ma conviction. Le hasard est le principal enjeu de mon travail. Ce n’est qu’au développement que je découvre le résultat. Il est souvent heureux ; parfois, il ne l’est pas.

 

Quel est le ou les message(s) que tu souhaites véhiculer à travers tes créations aujourd’hui ?

 L’art est une fin en soi. Son rôle n’est pas de transfigurer la réalité mais de créer une autre réalité, que seule l’imagination peut atteindre. L’endroit et l’heure de mes photographies se veulent indécelables. La superposition de deux moments rompt avec le supposé réalisme de la photographie. Mes clichés sont des propositions pour l’imagination ; leurs histoires ne sont pas figées. Chacun y voit ce qu’il souhaite ; et il y a autant d’interprétations possibles que de regards.